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Saint Gobain : belles perspectives

11H20

Saint-Gobain : l'image parfaite de la multinationale en temps de crise

Pour lire l'article qui résume les chiffres 2009 de Saint-Gobain, cliquez ICI

Préambule : dans quelques lustres, voire avant, les multinationales appartenant au CAC40 n'auront plus que leur siège social en France, et quelques comptoirs de distribution pour la population locale … en un peu plus de 50 ans, la mondialisation a déconnecté les grandes entreprises de la réalité économique nationale : elles profitent de la mondialisation, tandis que la réalité est beaucoup plus amère pour les populations locales, dont le taux d'inactifs monte dangereusement, cela de façon structurelle.

Saint-Gobain dans la crise, mes commentaires :

Tout d'abord, on note que le dividende est maintenu, tandis que le résultat net chute ===> la rémunération des actionnaires demeure identique, confirmant la tendance de ces dernières années ===> une certaine catégorie sociale ne connait pas la crise, son revenu est stable. Ainsi, l'entreprise consacrera environ 250% de son bénéfice net à payer le dividende (soit 513 millions d'euros contre un résultat net de 202 millions). 

Mais Saint Gobain a réalisé 1.1 milliard d'économies dans la crise, grâce au refinancement de sa dette (partie 2009/2010), à son augmentation de capital (dont le rendement est à plus de 4.50% sur le prix des nouveaux titres, pas mal pour une société qui a gagné 39 cents par action en 2009). On voit bien ici que les mêmes mécanismes sont utilisés partout : on rémunère d'AVANCE les financiers, la dilution et l'étalement de la dette permettant d'encaisser du cash pour réaliser ce tour de passe-passe sans être obligé de "souffrir". D'un autre côté, on tient des discours "de crise" aux salariés européens, dont le rapport bénéfice sur investissement devient problématique pour les dirigeants, dès lors où la croissance de la zone s'affaisse. Il est alors logique que le mouvement de désindustrialisation se poursuive au profit des zones géographiques qui boostent (+20% sur la demande de la zone Asie au second semestre), car il est INDISPENSABLE pour l'entreprise d'aller chercher de la croissance quelque part, sous peine de voir peu à peu se déséquilibrer le montage financier complexe sur lequel elle repose  – les avances de rémunérations conssenties aux actionnaires devront se retrouver dans la croissance future des bénéfices : ce qui est arrivé à des petites entreprises (Eurodisney par exemple) peut aussi arriver aux "gros" (Etats, multinationales).

La marge s'est réduite d'environ 40%, il ne faudrait pas que l'économie mondiale se paie un second tour de crise de la consommation (ou de la surproduction, une autre façon de voir les choses).

Attention, je n'ai pas dit que Saint Gobain allait couler ! Je cherche à faire admettre que le sort de l'EUROPE occidentale est déjà scellé depuis longtemps, et que nous allons devoir nous y adapter, ou aller voir ailleurs si l'air est meilleur – depuis la fin des années 80, les montages financiers et restructurations des dettes adoptées par tous les acteurs de l'économie en temps de crise, ne donnent plus ce choix aux entreprises, elles doivent aller chercher l'argent là où il est, et fuir les zones destructrices de bénéfices. Le cas des raffineries de Total en est un bel exemple, alors qu'il y a deux ans , on voulait nous faire croire aux "relocalisations" et au "travailler + pour gagner +" !

Saint Gobain, comme les autres industriels, va donc participer aux destructions d'emplois sur la zone euro, au profit de ses nouvelles unités (constructions ou acquisitions), qui verront le jour du côté du soleil levant (Inde, Chine). Maigre consolation : des investissements sont aussi prévus dans le solaire et l'efficacité énergétique.

Conclusion : investir sur une multinationale française ne veut pas dire investir sur l'économie française, mais sur la capacité d'une entreprise de bien naviguer sur un océan faits d'alizées et de tempêtes, tout un programme !

11h15 : même ambiance sur les marchés finaciers depuis tout à l'heure, on reste scotché aux 3670/3680 points en attendant les événements de l'après-midi – le DOW CFD bute sur la zone des 10350 points, sur une tendance toujours positive (10315 puis 10290, constituant la zone support initiale du jour, PPj-PPh).

Prochain RDV en début d'après-midi.