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Voyants au vert avant la diffusion de l’emploi américain de décembre (14h30) – DOW au dessus du PPj des 17800 à 45 minutes de la publication

MAJ DE 14H43 : comme prévu par PPj et mon expérience (je me frotte les chevilles un peu, ça ne mange pas de pain), le DOW est reparti en hausse (sans toucher PPj), l’avantage acheteur s’est confirmé et on cote à l’intérieur de la résistance 17900/17950, voir analyse en bas de cette même page) – le CAC, et c’est déjà bien, est remonté sur PPh, également le plus haut d’hier – avant l’ouverture de 15h30, l’ambiance est donc acheteuse, et comme je l’écris souvent, un trader ne contre jamais un mouvement d’après FED, BCE, ou une statistique majeure comme PIB ou l’emploi mensuel – déjà qu’en temps normal, c’est mieux de l’éviter cette fameuse contre qui vous ruine, dans le cas présent, c’est PROSCRIT ! Bien-sur, il existe des cas d’exception, mais je vous garantis qu’on perd beaucoup plus souvent en se positionnant contre le Boss que le contraire.

Publicis est à 13 cents de la cible des 60 euros – Bolloré ne fait rien autour des 3.75 euros – j’en reparle d’ici la clôture, et ferai une MAJ de l’Idée du jour après la probable exécution de la vente Publicis, à tout à l’heure.

MAJ DE 13H45 : 4229 après un plus bas sur 4220 (PPa, PPj cfd) et 17835 pour le Boss – à trois-quarts d’heure de la publication de l’emploi mensuel US de décembre, PPj des 17800 reste sous le cours, l’avantage reste acheteur dans la consolidation – attention, le support principal va jusqu’aux 17450 points – il vaut mieux parfois attendre et acheter ou vendre à un prix moins avantageux, mais dans une tendance qui est franche, la difficulté étant gérer le stop en cas de faux départ à 14h30, et de renversement rapide. Pour le moment, je conserve Bolloré et laisse posé l’ordre de vente sur PUBLICIS à 60.00 euros –  le DOW se rapproche du PPj …

Prochain point en fonction des variations de prix, au plus tard vers 15h15.

MAJ DE 12H11 : échec du CAC sur la résistance et retour vers le PPj – attention, le DOW CFD reste en zone PPh, très au dessus de son propre PPj des 17800 support majeur intraday – avantage aux acheteurs au dessus de ce niveaux des 17800 avant 14h30 et le rapport mensuel sur l’emploi US.

Idée du jour : pas de changement même si Bolloré tombe sous 3.75 euros, j’aviserai dans l’après-midi ou en clôture.

Prochain point avant 14h30.

MAJ DE 9H58 : le CAC40 cogne à nouveau à la porte du PPh (4255/65) sans être revenu au PPj support majeur intraday (4230/35) – je conserve Bolloré jusqu’à 17h30 (sauf catastrophe après 14h30) – je vendrai au fixing de clôture si le titre ne cote pas plus de 3.84 euros, niveau qu’il faut franchir pour valider une poursuite du rebond technique sur cette valeur en tendance baissière. Je maintiens l’ordre de vente sur Publicis en bas de la zone-cible des 60.00/60.75 euros, donc 60 euros.

Je fais une pause, m’étant occupé du portefeuille Club NT pour une mise-à-jour après vente programmée exécutée sur Thalès : achat du 10.11.2014 à 40.27 euros, vente à 47.45 euros tout à l’heure (+17.24% net de courtage et de TTF) – si vous balbutiez dans vos investissements et souhaitez donner de la solidité à vos portefeuilles, abonnez-vous ! (renseignements et questions à redaction@nouveautrader.com ou directement au 09.64.12.58.84 toute la séance, je suis disponible !

Prochain point à mi-séance, sauf exécution de la vente programmée sur Publicis.

TABLEAU PPj  VALIDES POUR LE VENDREDI 09.01.2015

PPJ S4j S3j S2j S1j PPj R1j R2j R3j R4j
CAC40 4018 4086 4125 4193 4231 4299 4338 4405 4444
DOW 17157 17370 17481 17695 17805 18019 18129 18343 18453

8h01

CAC40 : entre PPm/PPa (4190/4220) et PPh en fin de vie (4255/65)

DOW-JONES : contrat CFD au dessus des supports PPh (17865/70) et PPj (17800)

7h45 : 4242 à Paris, 17870 à NY – les indices se sont repliés légèrement dans la nuit après la forte hausse d’hier – on surveillera de près les niveaux-supports majeurs, d’abord 4230/35 pour le CAC (PPj), puis la fameuse zone majeure PPm/PPa (4190/4220), ce n’est que sous les 4190 que les vendeurs reviendraient. A New-York, hormis le PPh actuellement en cours de test (17660/665), il faudra être attentif en cas de descente vers pPj (17800) support majeur intraday : tant qu’on se tient au dessus, notamment avant 14h30 et le rapport mensuel sur l’emploi de décembre aux USA, la main est aux acheteurs pour cette fin de semaine.

Idée du jour : Publicis, l’ordre de vente à 60 euros est à nouveau activé pour aujourd’hui – Bolloré, acheté hier après-midi à 3.797 euros sera stoppé si le prix n’est pas supérieur à 3.84 euros à 10h00 (voire en clôture de la semaine, je confirmerai tout ça demain matin avant 10h00).

Pour le reste, j’attends de voir comment démarre cette séance pour tenter un éventuel troisième achat, voire un lot de 6 à 10% diversifié sur 3 à 5 valeurs différentes – je ferai le point au dessus de cette même page avant 10h00.

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AVENIR DANS LE BROUILLARD

Il y a une part de vérité dans ce dessin humoristique : les jeunes d’aujourd’hui ont un défi crucial à régler, un défi que n’ont pas connu leurs aînés, les générations des 30 glorieuses qui se sont montrées, et se montrent encore aujourd’hui, irresponsables, en ignorant sciemment les problèmes de ce début de siècle, ils ont oublié de changer leur logiciel des années 70, voire des années 40 pour certains.

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LA NOUVELLE DU MOIS (25.11.2014), histoire improvisée au fil des jours : je l’ai glissée en fin d’article, le texte devenant long et polluant les analyses boursières.

Nouvel avis : c’est reparti pour la suite de Papy, qui va enfin apprendre plein de choses sur la bourse, RDV tout en bas de la page 🙂

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PEA NT : résultat final +39,77%

C’est l’Idée du jour qui remplace donc le PEA en 2015 : j’indique simplement les tailles de positions par leurs poids en % du global, et un stop éventuel – il existe déjà une liste de trades qui ont été réalisés ces derniers mois à titre de test.

L’Idée du jour : Publicis, acheté 58.15 euros ce mercredi, ordre de vente valide la journée à 60.00 euros.

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CLUB NOUVEAUTRADER : investissement moyen-long terme sur actions françaises

Les 150 euros de cotisation semestrielle (soit 25 euros par mois) permettent de suivre la gestion d’un portefeuille d’actions via envoi de Newsletters (155 pour le moment) contenant des ordres programmés au mois, à la semaine ou de la veille pour le lendemain. Le type de gestion proposée correspond au profil « investisseur moyen terme occupé en journée au travail ou à autre chose que la bourse ». A partir de 2015, des Newsletters sont également envoyées en séance afin de dynamiser la gestion et la performance.

Exposition portefeuille Club NT : 23.48%

Diversification : 19 valeurs différentes

Performance brute sur capital utilisé depuis le 1er janvier 2014 (relevé du 08.01.2015 à 17h35) : +1.23% (sur capital disponible +0.29%), CAC -0.83%

Si vous êtes intéressé(e), cliquez ICI.

En outre, vous pouvez obtenir la liste des opérations 2015 pour vous décider, n’hésitez pas à la demander !

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SUIVI DU TEST : ACHAT DOW, VENTE CAC (6h38 vendredi 09/01/2015) – JOUR 110

DOW : achat 16865 points, soit +6.02% (17880)

CAC40 : vente 4333 points, soit +2.05% (4244)

Différentiel brut : +8.07% – l’arbitrage est positif des deux côtés et se tient entre 7.5 et 9% depuis quelques jours – depuis 109 séances, après avoir donné des extrêmes à +2.60% pour le DOW, puis pour le CAC40, l’arbitrage est reparti dans l’autre sens, avec un nouveau record à +5.64% au matin du 13 octobre, battu le 30 octobre (6.61%), le 5 novembre (+7.26%), le 7 novembre (+7.41%), le 12 novembre (+7.64%), le matin du 13 novembre (+7.69%) et +8.60% du même jour à 14h37 – après consolidation entre +4 et +5%, la performance est remontée dans la semaine du 8 décembre, et un nouveau record a été battu le 15 décembre au soir (+9.39%), puis le 16 en début d’après-midi à +10.43% – cela matérialise simplement la différence entre les macro-économies des deux zones, que tout le monde connait.

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PREPARATION DE LA SEANCE DE VENDREDI (09.01.2015) – ANALYSE CAC40/DOW

PPJ S4j S3j S2j S1j PPj R1j R2j R3j R4j
CAC40 4018 4086 4125 4193 4231 4299 4338 4405 4444
DOW 17157 17370 17481 17695 17805 18019 18129 18343 18453

Programme du jour : emploi mensuel américain de décembre et taux de chômage (14h30), stocks des grossistes en novembre (USA, 16h00)

CAC40 : PPj 4230/35 – le CAC CFD cote 4244 vers 22h12, tendance intraday haussière avec les 4265/70 (PPh/plus haut du jour) à franchir pour viser la zone suivante, à 4295/4305 (R1j/R1h) – au dessus des 4305, il faudrait dépasser 4320 pour valider l’objectif 4335/40, voire 4355/60 (R2h).

En cas de retour sous les 4230, on testerait la zone majeure PPm/PPa (4190/4220) – sous 4190, objectif 4170/75, niveau à ne pas rompre sous peine d’une probable accélération vers 4125, voire 4105.

DOW : PPj 17805 – le contrat CFD s’échange autour des 17895 vers 22h19 – tendance intraday haussière avec les 17920 à franchir pour viser 17945/50 – au dessus, probable hausse vers 18000/18020 – au dessus des 18020, le record historique des 17100/17105 serait en vue.

En cas de repli sous les 17800, descente possible jusqu’à la zone des 17700 points (S1h/S1j) – sous les 17690,  la cible serait le PPh (17660/65) – sous les 17660, il n’y aurait guère que 17585/590 pour nous retenir de chuter vers la zone des 17480/17520.

Prochain RDV en fonction des événements, avant 10h00.

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LA NOUVELLE DU MOIS (25.11.2014) : SMART-PHONE DANS UNE MAIN, TRADEZ N’IMPORTE QUOI N’IMPORTE QUAND (N’IMPORTE COMMENT) !

Sur l’internet boursier et dans les salons de la finance, on peut rencontrer tous les types de gourous, sachant bien-sûr que ça n’existe pas (je le répète car c’est souvent tentant d’y croire) : on vous dit que c’est facile la bourse, on peut même surveiller ses petits en permanence, et aussi acheter et vendre à partir d’un smart-phone. Cela me donne l’idée d’une petite improvisation …

Préambule :

Mr Truc vient de prendre sa retraite (une grande chance) : déjà passionné par la lecture des nouvelles économiques, il décide de s’intéresser de plus près à la bourse, notamment au trading. C’est décidé, il se rendra à Paris pour rencontrer les meilleurs et devenir lui aussi un professionnel, c’est ce qu’il a lu sur Torchon-bourse.com au détour de ses recherches boursières internet : « Devenez trader blablabla ». La haute finance s’ouvre à notre frais retraité plein d’envie, en plus, sa femme est décédée il y a bien longtemps d’un cancer foudroyant. Il n’a plus que lui pour se tenir compagnie, et comme ils n’avaient aucun enfant … en fait, il a préféré rester tout seul plutôt que de reprendre épouse, car la première était tellement chiante, bref, le voilà parti au salon parisien du trading !

Chapitre I : Papy visite la capitale

Le TGV Marseille-Paris était bien en gare, et Papy aussi, tout excité à l’idée de rencontrer la haute finance en ce dimanche ensoleillé. C’est simple, il n’en avait quasiment pas dormi de la nuit, il avait même revu « Un fauteuil pour deux » la veille, pour se mettre dans l’ambiance.

(Si ça vous dit, j’écrirai une suite à cette histoire très régulièrement, à la suite de ce même paragraphe … en fait, votez oui ou non par e-mail, tant que le oui l’emporte ou que personne ne dit rien, je continuerai).

Suite du chapitre I (27.11.2014)

Papy se sentait en forme olympique et hyper-motivé, il avait hâte d’arriver et trouvait ce TGV un rien lent ! D’ailleurs, il avait emporté un livre avec lui, mais il fut incapable de lire plus de quelques lignes, toute sa tête étant concentrée sur ce grand jour au cours duquel il découvrirait les ficelles de la spéculation boursière, du moins c’est ce dont il était persuadé.

La gare de Lyon était envahie par des masses de fourmis allant et venant d’un pas rapide : cette foule le saisit, lui qui vivait dans un petit village de Provence tranquille n’était pas habitué à ce grouillement, il eût même envie de faire demi-tour durant une seconde. Mais pour rencontrer la haute finance, il fallait bien faire un effort, alors il consulta son plan et se dirigea vers le métro.

Après un voyage sans encombre mais nauséabond (comment font les gens pour supporter ces odeurs ? se dit-il en grimaçant), le voici remonté à la surface pour happer goulument un peu d’air frais. Enfin, c’est juste une façon de parler, la porte de Champerret n’étant pas l’endroit idéal pour prendre le grand air !

C’est frémissant que Papy descend les escaliers vers le salon du trading, un peu comme le jour de l’entrée dans la société qui lui offrit son premier emploi : hésitant, timide, emprunté, il a l’impression que tout le monde le regarde.

Chapitre II : Papy émerveillé (28.11.2014)

En arrivant à l’accueil, papy bande … en voyant les grands yeux clairs et la bouche pulpeuse de l’hôtesse qui lui demande de remplir son invitation avec un sourire Gibbs du plus bel effet. Cette agréable formalité remplie, Papy pénètre dans le temple de la finance (et pas dans l’hôtesse !) : tous ces écrans avec des courbes plus belles les unes que les autres, des hôtesses partout, des salles de conférence, Papy est émerveillé. Il reprend le programme du jour dans sa sacoche et se prépare pour sa première conférence, dont le maître sera Mr Frikenbourse, qui a écrit une collection de bouquins et a gagné de nombreux prix. Le sujet de cette réunion s’intitule : « Les bases de la réussite en trading », exactement ce dont a besoin Papy, les bases, et les bonnes s’il vous plait !

Chapitre III : Papy retourne à l’école (01/12/2014)

Ecran géant, rétroprojecteur, présentateur « encravaté » et joli graphique, c’est parti pour un Papy qui retourne sur les bancs de l’école, une école de luxe comparé à ce qu’il avait vécu dans son enfance ! La mémoire de Papy le ramenait à l’école primaire, l’année de son entrée en CP en 1956, c’était le tableau noir, la craie et la règle sur les doigts au moindre écart. Les temps avaient changé, le confort était arrivé, mais la jeunesse était partie. Papy aurait bien repris quelques coups de règle sur les doigts en échange d’un demi-siècle. Le larsen du micro le tira de sa réflexion, la conférence commençait …

Pendant une heure et trente minutes, Papy prend des notes sans comprendre grand chose mais il a prévu d’acheter le livre pour potasser tout ça en rentrant. Il en achètera d’ailleurs plusieurs, puisque tous les meilleurs traders sont réunis ici et que la plupart ont publié un ou plusieurs ouvrages : Papy s’est dit qu’il bosserait la théorie avant de se lancer, Papy n’est pas né de la dernière pluie !

Il est déjà onze heures quand Papy sort de cette première conférence, celle qui l’intéresse se déroule à 14h00, il a donc du temps pour visiter les stands des courtiers et brokers, puis déjeuner rapidement sur le pouce dans un restaurant voisin. Pour le moment, il a retenu qu’en trading, les décisions se prenaient à partir de l’analyse du graphique et non sur des éléments subjectifs : c’est un bon début !

(Suite 12h56, 01.12.2014)

Le mauvais début de ce bon début, c’est que Papy a cru bon faire comme à la fin de la messe. Sucer le corps du Trader, comme tous les dimanches matins de son enfance : faire la queue à la sortie de la messe, si joli discours, paroles enluminées de dollars plus doux qu’un petit Jésus, de belles syntaxes et des trades parfaits (mais le samedi, pas de temps réel, Papy s’en fout, il est là pour comprendre). Tout ça pour signer une ouverture de compte chez le partenaire de Frikenbourse, Clarinettebank, étiquette financière bien connue pour ses sponsorings dans le sport, bref … Papy étant du genre prudent, surtout que l’effet de levier ou marge ne sont que des données encore floues (ouille, premier biais pour se ramasser, confondre le levier sur capital et la marge du broker, les mettre sur le même niveau, Papy tombe dans le panneau), il n’a ouvert qu’un compte microscopique.

Papy n’est pas un idiot, il est prudent : 1.000 euros sur le compte ouvert chez Clarinettebank, juste pour pouvoir étudier les courbes dans un premier temps. Il est bien le Papy, prudence est mère de sureté sachant qu’il dispose de 60.000 euros sur 10 ans maximum alors qu’il est propriétaire, retraité à 3.000 euros sans charges particulières. Autant il jugeait sa femme très chiante, mais il ne s’était jamais interrogé sur le fait qu’elle-même, bref, on est toujours le con de quelqu’un, et cette relation maritale n’était finalement qu’une bijection.

Papy gambadait de stands en stands, humait les effluves des jolies hôtesses et pénétrait dans leur stand (ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, un con est un con) pour écouter ce qui se disait : sa timidité légendaire ne lui permettait pas de s’imposer alors qu’il était à peine débutant … la tendance, oui d’accord, mais par rapport à quoi ?

Ah, ah, Papy repensait à ses cours de mathématiques, car Papy a eu le certificat d’études, et comme Papy observait (on ne peut avoir que des défauts), Papy savait que le certif de 1964 valait mieux que le BAC de 2010, oui, on était en 2010.

Chapitre 4 : dans lequel Papy doute d’avoir bien entendu ce qu’il a entendu

(suite de 20h16, 01.12.2014)

Bingobank attira ses yeux, et il écouta les conversation entre visiteurs et tenanciers du broker : vous pouvez bénéficier de 100 ordres gratuits pour ouverture d’un compte à 1.000 euros. Papy ne se le fît pas dire deux fois, un compte Bingobank pour ses 100 premiers ordres, soit un marché matinal dont le prix reste raisonnable (2.000 euros sur les 60.000 euros). Papy se dit qu’il était temps de grignoter un morceau avant de penser investissement direct en actions. Il faudra aussi ne pas oublier la bibliothèque, pour emporter de la lecture et essayer de comprendre, puis d’appliquer. Toujours est-il que le ventre est en train de pleurer et que la suite attendra 14h00.

Papy marcha peu et trouva une place dans une brasserie voisine, remplie de gens du salon, visiteurs comme exposants : ainsi, Papy profitait des échanges de la table qui se trouvait juste derrière lui. Le brouhaha couvrait quelques mots, mais il réussit à capter qu’un trader gagnait 1% de son capital par jour, Papy doute mais son petit diable cupide veut croire qu’il sera capable de se hisser à ce niveau rapidement : 1% de 60.000 euros par jour, ce serait son objectif. D’après ce qu’il avait cru comprendre, c’est Mr le Directeur du fonds « Un pour tous et tout pour moi » qui avait affirmé cette probable vérité du 1% par jour, Mr Forenbourse était son nom, ce n’était pas personne et Papy était quand même un peu impressionné …

Chapitre 5 : dans lequel Papy se forge des convictions avant de forger lui-même sa stratégie de trading

(suite de 20h16, 02.12.2014)

Le dessert avalé, direction vers la bibliothèque qui expose les livres pour réussir en bourse. Le choix est plus dense qu’attendu, lesquels acheter ? A 50 ou 60 euros pièce, Papy est un peu affolé, tel l’âne de Buridan hésitant entre l’eau et la paille. Tout d’abord, l’ouvrage de Mr Frikenbourse sera du lot, pour s’imprégner de la conférence du matin : « Les bases du trading » pour 55 euros. La suite, Papy n’a pas besoin d’y réfléchir car Mr Tradefacile repère le client et l’aborde derechef : « Bonjour monsieur, puis-je vous présenter un livre parfait pour le début d’un bon commencement en bourse ? ». Après une heure d’échanges convenus, Papy est convaincu d’être prêt à opérer avec les recettes de cet homme dès son retour à la maison. Du coup, il repart souriant avec la série « Tradez simplement avec Mr Tradefacile » en 12 volumes, 120 euros prix promotion du salon, exceptionnel !

Papy a même récupéré un stylo de l’éditeur Lafinancefacile. Le sac à dos de Papy se révèle déjà à la limite du surpoids et l’heure de la seconde conférence arrive, celle qui concerne l’investissement. Papy, tant bien que mal, se fraye un chemin et le retrouve, c’est bien le salon B, ça vient de commencer. Sur la pointe des pîeds, Papy traine son sac jusqu’à une chaise libre.

Chapitre 6 : dans lequel Papy se passionne pour les actions

(suite de 14h00, 03.12.2014)

Mr Pluscestlongpluscestbon vient de commencer son exposé à destination d’investisseurs avisés disposant d’au moins 30.000 euros de capital. Coup de chance, Papy avait l’intention d’allouer aux actions moyen-long terme la moitié de la somme globale des 60.000 euros : comme dans les trois ours, c’est juste la taille qui lui convient, Papy esquisse un large sourire, tout va bien dans le meilleur des mondes, « mieux que bien » se dit Papy sans se douter qu’il reprend une phrase désormais célèbre de JMM, une autre époque !

Une heure trente plus tard, Papy est conquis que « plus c’est long, plus c’est bon » mais il fera aussi du trading, car à plus de 60 ans, on ne peut pas non plus faire des plans trop longs sur la comète, et comme il n’a pas d’enfants … le voilà parti avec la panoplie complète de l’investisseur, bouquin à 55 euros comme il se doit, et option pour une ouverture de compte chez Leboncoindelinvestisseur avec un an de conseils gratuits chez son partenaire Aubonconseilenbourse.com, enseigne réputée par sa présence sur internet depuis plus de 10 ans et son nombre d’abonnés (Papy ne sait pas encore qu’il s’agit en fait de moutons destinés à être tondus, Papy ne croit être que le reflet de ce qu’il a vu et entendu depuis ce matin : un apprenti-berger, l’image du mouton ne lui est pas venue à l’esprit, c’est normal, c’est un humain).

Papy a la tête farcie d’informations, il est déjà 17h00 et la chaleur devient suffocante avec la hausse du nombre de visiteurs. Comme prévu, Papy ira dormir chez son grand frère de Paris, qui lui donnera quelques précieuses informations sur son expérience de la finance, puisqu’il « boursicote » depuis longtemps, lui …

Chapitre 7 : dans lequel Papy se prend à rêver

Avenue de la Fontaine au Roi, près du Gibus, du Palais des Glaces et de la station Goncourt, dans le 11ème, c’était le fief de son aîné de 10 ans : un grand appartement hérité par sa femme dans les années 90 (son frère s’était marié lui, et était père de trois enfants, mais c’est facile quand on nage dans le pognon … il avait épousé une « héritière », comment ? Cela restait un mystère et le resterait sans doute toujours).

Papy s’engouffre donc dans le métro, direction Goncourt, avec les changements de rigueur et l’odeur nauséabonde en prime : sous une pluie battante, Papy marche d’un pas rapide vers la station, et après s’être fait copieusement éclaboussé par une BMW lancée pour passer au orange coûte que coûte, Papy traverse enfin la chaussée et retrouve une certaine quiétude dans les couloirs du métro, il suffit de respirer par la bouche pour apprécier la sécheresse de l’endroit.

(suite de 19h40, 03.12.2014)

« Chérie, tu as préparé le lit du frangin ? »

« Mais non, c’est Manon qui s’en est occupé, tu ne vas pas commencer à stresser parce que ton frère vient, si ? »

« Non, mais depuis dix ans qu’on ne s’est pas vu, je voudrais le recevoir décemment, les huîtres ont été livrées au moins ? »

« Oui, ne t’en fais pas, tout est près et Manon a pris sa soirée pour s’occuper de nous »

Le frère de Papy était si singulier : d’abord, il n’avait jamais travaillé, ce qui faisait une grosse différence avec Papy, 45 ans de bons et loyaux services dans la comptabilité et les bureaux. Ensuite, il avait toujours eu beaucoup plus d’argent que Papy, comme quoi le travail c’est peut-être la santé, mais c’est surtout beaucoup de temps à faire ce qu’on n’a pas toujours envie de faire. Le frère de Papy avait fait le « bon mariage », et toujours fait ce qu’il avait envie de faire, mais rendons lui honneur, ce mariage fut d’abord un concours de circonstances, puisqu’il ignorait tout de la situation de celle sur laquelle il jeta son dévolu après une soirée bien arrosée, lors de sa seconde année de FAC de droit. Je ne dis pas « trop arrosée » comme celles et ceux qui se foutaient de leur pote qui venait d’embarquer le boudin de la soirée, car lorsque l’on se marie avec de futurs millions d’euros, ce n’est jamais trop.

Papy montait les escaliers du métro Goncourt, il faisait déjà nuit en cette fin d’année pluvieuse et il dut faire appel à sa mémoire pour prendre l’avenue dans le bon sens, et descendre vers la République sur la gauche. Dring, dring …

(suite de 12h15, 04.12.2014)

« Le voilà ! »

Le grand frère de Papy était stressé : la dernière fois qu’ils s’étaient vus, c’était pour l’enterrement de la femme de Papy, et ils s’étaient jurés de se revoir l’année suivante, mais la vie les avait tellement faits différents, le temps passa toujours aussi vite, bref …

« Manon, s’il te plait ! »

Manon,  exceptionnellement, avait accepté de travailler le samedi, mais payé au double et en liquide. Il faut dire que le frère de Papy n’était pas un patron casse-pieds, même si elle trouvait qu’il reluquait un peu trop ses formes de jeune fille. Lorsqu’elle se déhanchait pour ôter la poussière de la commode du salon, c’était flagrant : ce fichu meuble était placé de telle façon à ce que, de son fauteuil de ministre, il puisse s’ouvrir des angles à faire pâlir un photographe de « Lui ». Non pas que cela lui déplaisait, qui est insensible à la flatterie, même si elle est muette ? Elle trouvait juste cela un peu déplacé de la part d’un vieux bouc qui ne devait plus être capable de grand chose à 70 ans passés. Il y a encore 10 ou 20 ans ! Sur ces pensées, elle file décrocher l’interphone et ouvre la porte à Papy en annonçant : « Bonsoir monsieur, 4ème gauche ! ».

En entrant dans le loft de son frère, Papy s’étonne encore d’autant du luxe, un direct changement d’ambiance entre le couloir et l’entrée de la demeure : c’est comme si l’on passait du XIème au XVIème en un seul pas (pas siècle, arrondissement !). Tout en bois, chaleureux, frais et odorant, il ne manque plus qu’une cigale ou une biche, selon que l’on aime la maison dans la pinède ou dans la forêt de Grésigne ! Justement, apparaît une charmante soubrette pour vous introduire dans le paradis du confort non étoilé, hors-catégorie. Et voilà que Papy se remet à bander, nom d’un chien, il faudrait qu’il retourne dès en rentrant chez sa copine Yvette, 72 heures d’abstinence et le voilà de nouveau jeune homme … il se prend à rêver un instant, le temps que les quelques secondes qui le séparent  des retrouvailles avec son frère ne s’écoulent. Il en avait « une » qui ressemblait à cette petite, c’était quand déjà ? Oh là là, au début des années 70 : Papy n’avait ni collier de fleurs ni bikini à lui proposer en échange de son jean et de son tee-shirt austères, mais il était certain que cette fille, sans doute une employée de son frère, ressemblait comme deux gouttes d’eau à celle qu’il avait embarquée un soir de carnaval, en février 71 ou 72. Une lycéenne suédoise de passage en Provence déguisée en tahitienne, à peine 18 ans, il faut dire que Papy était un grand dragueur et ne déplaisait pas aux filles. Papy fut tiré de ces agréables pensées par la voix tonitruante du grand frère.

Chapitre 8 : dans lequel Papy n’a plus aucun doute, le Boss n’a qu’à bien se tenir !

Le frère de Papy emplit soudain la pièce de sa présence :

« Alors Monsieur le nouveau rentier, comment va ? » (il veut dire « retraité », mais ça fait vieux ce qualificatif de « retraité », alors il dit « rentier », ce qu’il est lui-même, un peu ironique donc)

 » … depuis le temps … » – le frère de Papy laisse venir, lui qui a commencé la bourse en 1990, avec une goutte de l’argent de l’héritage de sa femme, sait bien qu’entre sa vision du marché et celle balbutiante de son frère, il y a plus qu’un monde, un univers ! 25 ans d’expérience à zéro, ça commence à compter dans une vie !

Sachant que le frérot passe à l’occasion de sa visite au salon, sous couvert de fêter son accession à « une retraite bien méritée », le parisien joue la montre pour éviter de lancer lui-même un sujet qui peut ne pas avoir de fin (j’appellerai dorénavant le frère de Papy « le parisien »).

(suite de 10h55, 05.12.2014)

Selon les us et coutume dans la famille, Papy s’agenouille devant son grand frère et lui baise les pieds … non, je m’écarte d’un sage récit, on verra pour les délires plus tard, si cette série des Papys se poursuit ou pas en 2015.

Reprenons le fil : justement, Papy n’eût-il pas à peine ouvert la bouche que la sonnerie tonitruante du smartphone du parisien se met à chanter « Highway To Hell * » d’AC/DC.

* Ndlr : avec Bon Scott bien-sûr … vous avez vu, le public est médusé lol 1979, Papy se souvient de ses 29 ans, il devait encore avoir tous les vinyles d’AC/DC dans un coin du grenier, bien à l’abri.

« Merde, une alerte sur l’euro-dollar ! », lance machinalement le parisien.

Vous n’osez pas deviner la suite, mais pourtant si, vous devriez : ce serait une visite exclusivement consacrée à cette satanée bourse, la hantise de la belle-soeur, çà, Papy le savait déjà car à l’enterrement de sa regrettée mais chiante épouse, une alarme du même type sonna alors que le cercueil descendait sous le niveau de la mer et que tout le monde pleurait à chaudes larmes ou s’envoyait un p’tit blanc au bistro du coin en pensant à la défunte ou en se racontant la dernière blague de Laurent Gerra sur RTL. Si le parisien n’était pas un excellent amant, et je pèse mes mots, cela ferait longtemps que « l’héritière » aurait repris ses titres de propriété et son oseille pour aller voir si l’herbe était plus verte ailleurs (désormais, j’appellerai la femme du parisien « l’héritière »).

Papy remballe son bonjour et attend sagement que le parisien prenne connaissance de la nouvelle. L’euro-dollar, il n’en avait que vaguement entendu parler au salon, mais son attention s’était focalisée sur les indices et les actions, les monnaies, ça avait l’air compliqué.

« Bon, ça va, position soldée +15 pips sur stop-gain, dommage mais ça paiera toujours le repas de ce soir ! Excuse-moi », dit-il en revenant sur terre : « Alors frérot, la patate du vacancier perpétuel ? ».

Papy regardait fixement la main de son frère dans laquelle le smartphone (d’où le titre de cette nouvelle) trônait encore : la musique d’AC/DC l’avertissait que le repas était gratuit, en quelque sorte, mais 15 pips, c’était quoi ? Il avait oublié, nom d’une pipe ! Comptable durant plus de quarante ans, veuf depuis 10 ans et cuisinier hors-pair, Papy allait compter le bénéfice de ces 15 pips en euros au fil du menu qui défilerait devant ses yeux, çà oui, on pouvait en être certain !

Cette alerte le rassurait, son frère gagnait, c’était le complément idéal à sa visite au salon. Il fixait toujours la main de son frère, qui craqua :

« Quoi frérot ??? C’est un téléphone portatif sans fil, tu sais, tout le monde en a un sauf toi ! »

Voilà ce qu’il fallait supporter avec ce grand frère (avec le vôtre aussi ? c’est normal lol) : perpétuelles et incessantes plaisanteries, Papy se demandait bien ce que lui trouvait « l’héritière », en attendant, il allait devoir viser juste pour glaner un maximum d’informations, et devenir lui aussi un as des marchés, le Boss n’avait qu’à bien se tenir !

Chapitre 9 : dans lequel Papy poursuit son rêve en mangeant, à la recherche du diamant vert de la bourse

 » Oui, oui, je vois bien que c’est un portable ! Je vais bien je te remercie depuis le temps, mais je me demandais, là, tout de suite, ce qu’était un pip ? Après je te fiche la paix avec la bourse ! (tu parles Charles !) « .

(suite de 11h30, 06.12.2014)

C’est le moment que choisit fortuitement « l’héritière » pour faire son entrée dans le hall. « Et merde ! » pensa Papy en balançant un jovial « Bonjour ma chère belle-soeur, comment allez-vous ? ». Elevée dans la soie depuis sa naissance, trop nourrie et livrée à elle-même par des parents trop occupés à faire du fric, l’héritière » était physiquement repoussante. Trop grasse, tout comme sa tignasse d’un brun défraîchi, elle tentait de donner le change en se déguisant avec des tenues de soirée indécentes et un maquillage trop lourd qui feraient fuir n’importe quel homme sauf les enfants en quête d’un nouveau spectacle de clown grotesque. Papy, comme à chaque fois, retenait un sourire moqueur d’autant qu’il appréciait fortement ce personnage qui ne vous toisait pas du haut de son paquet de fric : grotesque, riche mais humaine, Papy l’aimait bien, mais il faut avouer que Papy aimait presque tout le monde …

Le parisien aussi, l’aimait bien sa mocheté, surtout lorsqu’elle débarquait au bon moment, remettant à plus tard le sujet de la bourse.

 » Mais bien, bien ! Cher beau frère, je vais d’autant mieux que je me réjouis de votre visite en ce dimanche d’automne bien frais et trop pluvieux, venez donc au salon vous réchauffer avec un petit apéritif, vous nous raconterez ces dix dernières années !  » – elle en rajoute l’héritière, ou elle le fait exprès ? Papy ne s’était jamais habitué à la façon d’être de cette fille unique d’industriels bourgeois qui avaient eu la malchance de périr ensemble dans un crash aérien : en route pour quinze jours de rêve à Bali, ils en revinrent les pieds devant par avion sanitaire sans même avoir posé le pied sur l’île.

On ne sait jamais si elle se fout de vous ou si elle est innocente, c’est le côté désagréable de « l’héritière », mais qui n’en a pas ? Elle déteste la bourse, la tolère de son homme, mais de là à se réjouir alors qu’elle sait très bien qu’il faudra terminer ce dimanche toute seule car Papy en viendrait à ce thème à un moment ou à un autre …

Papy entre dans le salon et choisit l’un des quatre fauteuils en fonction de sa proximité avec le ramequin de noix de cajou, pêché mignon ! Manon, justement toute mignonne, fait irruption dans la salle et, de sa voix suave et expressive, propose les apéritifs au trio qui ne se fait pas prier : ce sera un jaune pour Papy, un pur malt pour le parisien, et une Suze pour l’héritière qui ajoute : « Manon, on est en famille et le trio ne me sied guère, je vous propose de vous joindre à nous pour l’apéritif, vous ferez la quatrième. Je suis certaine que Papy sera content d’avoir une cavalière, pour une fois ! ».

Et boum, encore une boutade à trois balles mais ça le regardait de ne pas prendre femme et de préférer maîtresses : personne ne comprenait que Papy soit resté seul durant ces dix années alors qu’il était encore très bel homme, la comptabilité ne l’avait pas décati, bien au contraire : il était adepte de la course à pieds et du marathon depuis trente ans, tout son argent y passait, Boston, New-York, Florence, que de beaux voyages durant ses congés payés … mais il devait maintenant espacer les courses et avec la retraite, la bourse serait impeccable pour remplir les vides. Tous prenaient Papy pour un Veuf alors que c’était un coureur, enfin, l’humain a beaucoup de défauts dont celui de juger son prochain sans savoir …

Papy encaisse toutefois la plaisanterie sans broncher et se met à bander en regardant Manon qui rosit tout en ne sachant que répondre à cette invitation imprévue. Il n’y a que les femmes pour nous traiter d’obsédés. En effet, que faire contre l’effet d’une naturelle érection, quelqu’en soit sa cause non provoquée ? Rien du tout je l’affirme ! Seul notre cerveau, bien commandé je précise, peut nous retenir de céder ensuite au comportement le plus animal, celui du chien par exemple. Heureusement, Papy « drive » son cerveau avec énergie et ne se lève pas de son fauteuil pour sauter sur cette appétissante jeune femelle, mais il l’aide à répondre : « Ce serait gentil à vous » lâche-t-il en feignant l’indifférence.

Manon choisit de se confectionner un gin-fizz bien corsé pour accompagner les vieux dans leur apéro, elle n’avait pas osé dire non à son patron et le repas ne demandait pas beaucoup d’attention de sa part …

(suite de 13h15, 09.12.2014)

L’apéritif se passe plutôt très bien, d’autant que Manon, qui a peu l’habitude de boire de l’alcool, met une ambiance guillerette dans la petite assemblée. on parle de la pluie et du beau temps, le parisien ne laissant pas une occasion à Papy de rebondir sur la question du « pip » de tout à l’heure, il retarde l’échéance du mieux possible. A la fin du second verre, l’horloge sonne 13h00, Manon sursaute et s’excuse en pouffant : « Passez à table messieurs, dames, sinon les coquilles Saint-Jacques vont brûler ! ».

Manon se précipita en cuisine mais, heureusement, tout allait bien. Les coquilles enfournées entre les deux verres de l’apéro étaient plus que parfaites, mais deux douzaines d’huitres à ouvrir l’attendait, dans un état de semi-ébriété !

Papy profita du trajet entre salon et salle à manger pour reposer la question à son frère : « Qu’est-ce qu’un pip ? ». « Ah, c’est vrai que tu es aussi venu pour la bourse frérot. T’embêtes pas avec les devises si tu démarres, mais pour ce qui est du pip, c’est facile, je te prends un exemple : l’euro cote 1.2600$, il descend à 1.2500$ c’est -100 pips sachant qu’on spécule avec XX euros du pip. Par exemple, à 10 dollars du pip pour un bénéfice de 15 pips, ça donne environ 150 dollars) ». Papy enregistre, dit merci et se dit qu’il n’aura pas besoin d’évaluer le coût du repas pour avoir une idée du gain encaissé.

Papy laisse les devises de côté, ça ne le branche pas, et demande : « Il faut que je m’embête avec quoi alors ? ». Le parisien réfléchit et opte pour ce qui protègera au mieux le capital de son petit frère, ce qui lui évitera d’éventuels reproches ultérieurement s’il l’entraînait sur les sentiers de la spéculation au jour le jour, de loin le plus « casse-gueule ».

« Intéresse-toi à l’investissement diversifié sur actions à moyen-long terme, et laisse la spéculation de côté dans un premier temps ». Papy est un peu déçu, la spéculation intraday l’avait tout de suite attiré lors de la conférence (l’argent rapidement gagné attire tout le monde, c’est humain). Le parisien reprend : « En plus, tu as ta retraite qui tombe tous les mois, de quoi bien vivre sans stress ! ». Mais Papy veut une vie mouvementée, et son désir, pour commencer sa vie d’oisif, c’est de flipper en bourse dans le levier de l’intraday (il ne le sait pas encore, mais cela revient à cela dans les premiers jours) ! Il s’est forcé pendant des décennies à bien compter pour les autres, à payer sa baraque, à mettre de côté pour ses vieux jours qui sont là, maintenant. Ah oui, j’ai oublié de vous dire qu’en plus de ses 60.000 euros, Papy a mis à gauche dans une assurance-vie qui vaut aujourd’hui plus de 200.000 euros, sans compter les économies qu’avaient faites feu son épouse, une autre assurance-vie, plus petite, mais pas loin des 50.000 quand même. Autant dire que Papy peut perdre les 60.000 euros dédiés à la bourse, il aura encore de quoi s’amuser et-ou faire des projets avec 3.000 euros de retraite et un capital de plus de 250.000 euros.

Papy décide de faire plaisir à son frère, et après tout, il doit mettre 30.000 euros dans l’investissement sur actions à moyen-long terme, il essaiera d’évoquer la spéculation plus tard dans la soirée.

« Que fait donc Manon ? » clame l’héritière qui meurt de faim.

Chapitre 10 : dans lequel Papy mange bien mais doit patienter

Papy se lève et va voir à la cuisine …

(suite de 10h20, 10.12.2014)

L’avantage de l’improvisation, c’est que je découvre en même temps que vous les personnages qui interviennent dans cette modeste nouvelle, j’espère qu’il reste quelques lecteurs au début de ce chapitre 10, où les convives se demandent bien ce que fait Manon.

Ah … Manon, qui a beaucoup plus de ressources que ce que j’avais prévu, je dois avoir un côté macho, mais qui aurait pu deviner que d’une part, la jeunette d’à peine 30 ans était native du bassin d’Arcachon et avait bien à son actif le million d’huitres ouvertes ? Un passage obligé pour bosser sur le littoral et faire ses armes en même temps que l’école hôtelière de la Rochelle la semaine, cette année était la dernière au service de la famille Truc, ensuite, elle voulait voyager et promouvoir la cuisine française loin de la Bretagne et de l’Europe.

Papy entre dans la cuisine et manque de bousculer Manon, qui, malgré son coup dans l’aile, a ouvert les deux douzaines d’huitres en moins de 10 minutes présentation sur plateau comprise.

« Oh, excusez-moi, mais l’héritière a les crocs », balance Papy qui voudrait bien attaquer aussi, qu’on puisse aborder les actions, son TGV partait à 11h05 précises le lendemain matin, il était déjà 21h15. Elle avait beau lui plaire, il n’était pas là pour la bagatelle, le Papy (il ne bandait plus d’ailleurs, la faim peut-être ?). Ce n’est pas moi qui suis pressé c’est l’autre, ce qui est à moitié-vrai, cet être humain est incorrigible, n’est-ce-pas ?

Manon ne lui répond rien et se débrouille pour arriver au salon sans encombre, repartant illico pour aller chercher les coquilles, chacun se servirait « à discrétion » comme on dit dans le grand monde.

L’héritière se rue sur les plats tandis que Papy tente à nouveau un essai avec le frangin : « Alors, les actions, oui ça m’intéresse, j’achète quoi lundi ? ».

Le parisien pleurerait à chaudes larmes si cette question était venue de n’importe qui d’autre que de son frère … dans le cas présent, il ressentit une forme de compassion, qui l’obligerait sans doute à inviter son frère à rester demain, après tout, il était retraité et rien ne l’attendait dans sa Provence …

(suite de 11h50, 13.12.2014)

« Ecoute cher rentier, je veux bien en parler, mais après le repas et demain, c’est un sujet qui demande silence et temps, et tu sais que le sujet ne passionne pas tout le monde ici. Donc, tu vas rester avec nous ce soir, Manon te préparera la chambre « Grand Veneur », celle que je réserve à mes invités de marque, tu ne la connais pas, elle était en travaux la dernière fois que tu es venu, il y a des lustres » – ainsi parla le Parisien.

« Mais, et mon billet de TGV non annulable non remboursable ? » (Papy avait pris la promotion)

« Pour une fois qu’on se voit, autant que tu repartes en mettant toutes tes chances de ton côté, et puis tu passeras un bon moment, ces huitres ne sont-elles pas divines ? Tiens, je te le paie ton TGV de demain, je file à l’ordinateur réserver le billet, on le fera livrer demain matin pour départ vers 18h00 ça te va ? » »

Papy pense à ses 60.000 euros, croise le regard de Manon en train de gober une huitre (il se remet à bander) et se dit qu’après tout, rien ne l’attendait au retour, si ce n’est Yvette (pour les ramollis du bulbe qui ont oublié Yvette, relire la fin du chapitre 7).

« Ce sera avec plaisir » lance Papy en regardant Manon, qui, se rendant compte de la fixation du beau Papy, se remet à rosir en déglutissant son huitre bien dodue. Je me demande si cette histoire ne sera faite que de bourse, ou alors on y ajoutera peut-être un « s » : en effet, la jeunette n’est pas insensible au physique du Papy, dans le genre Sean Connery, et sa flatterie commence à « l’agacer », elle qui n’a pas vu d’homme de près depuis plus de six mois : c’était le premier qui lui déclenchait l’envoi de certaines substances chimiques dont on ne peut douter de la fonction. Un peu surprise de sa réaction, elle se leva brusquement en pensant aux brochetons au vin blanc qui devaient approcher de la fin de leur cuisson.

(suite de 7h15, 16.12.2014)

La suite du repas se passa agréablement mais Papy fut obligé d’attendre le digestif pour enfin aborder la problématique des actions avec son frère.

Chapitre 11 : dans lequel Papy se concentre …

Enfin c’est le moment d’entrer dans le vif du sujet, se dit Papy en trinquant avec son frère.

« Excellente poire ! »

« C’est de la prune », répond le parisien mort de rire, il faut dire qu’il a abusé du Bourgogne blanc à table, il est beurré comme une tartine, un rien lui déclenche les zygomatiques, il a l’alcool gai.

« Ah, pourtant j’aurais cru … »

« Bon p’tit frère, je vais essayer de parler peu mais de parler bien : tu m’écoutes et ensuite tu me poseras tes questions. Tu peux d’ailleurs aller chercher un bloc et un crayon pour noter un résumé de ce que je vais te dire (ndlr : vous aussi, si vous voulez !).

(suite de 15h00, 22.12.2014)

Le parisien prend une posture de professeur d’université, sauf qu’il a un gros cigare dans une main et son verre de cognac dans l’autre, et il attaque son monologue : « Si tu le permets, je vais utiliser un langage imagé qui sera plus clair pour ta compréhension. La bourse, c’est un peu comme le no man’s land de la guerre de 14/18, il est rempli de cadavres volontaires au départ pour la majorité, ils voulaient être les sauveurs de leur pays, les élus, mais peu en sont revenus. La première chose que tu dois donc travailler est la protection de ton capital, sans lui, tu seras mort un jour dans un trou d’obus : cela est vrai pour le trading comme pour l’investissement, seule la durée qui te sépare de la mort est différente. En trading, tu es en première ligne, baïonnette au canon, parfois en corps à corps. Je te conseille de choisir un poste à l’arrière, et de voir le combat à plusieurs kilomètres de distance, ce qui te permettra de perdre des batailles sans perdre la guerre, tu me suis ? ».

« Heu, oui, et concrètement, ça veut dire quoi ? », demande Papy un peu décontenancé.

« Cela veut dire que lorsque tu investis, il ne faut pas te mettre en position de forte perte, donc ne pas surpondérer un investissement sans aucune stratégie de sortie d’urgence si jamais le marché te donnait tort. Je te cite un exemple à ne pas suivre : je décide d’acheter le même jour cinq titres différents pour 20% de mon capital chacun – malheureusement, le marché part au krach et je n’ai mis aucun stop – comme je n’ai plus de cash, je n’ai que deux solutions : prendre ma perte ou attendre en espérant que mes titres remontent un jour. Selon la qualité des valeurs que j’ai en portefeuille, je ressortirai ou non par le haut de cette correction, et je n’aurais pas pu, dans tous les cas, profiter des prix en forte baisse. Au contraire, si j’investis des petits pourcentages de mon capital au fil des opportunités que voudra bien me proposer le marché, en piochant exclusivement dans une liste de valeurs que j’aurais préalablement sélectionnées pour la qualité de leurs fondamentaux et en me diversifiant au maximum, alors la probabilité de me manger -30 ou -40% diminuera nettement : c’est vers ce type de gestion que tu dois t’orienter au départ ».

(suite de 9h35, 27.12.2014)

Papy note frénétiquement les informations données par son frère : « diversification au fil des opportunités ».

« Des questions ? »

« Non »

« Alors j’enchaîne : au bout de deux ans environ, tu auras acquis une certaine expérience de la perte et du gain, à moins que tu aies la malchance de démarrer juste avant une grosse correction (on est fin 2010 je vous le rappelle) – si tel était le cas, il faudra aussi que tu choisisses soigneusement les entreprises à qui tu vas confier ton argent – il serait donc opportun d’acquérir une compétence minimum en analyse fondamentale des sociétés ».

Papy note : « Choix des actions, analyse fondamentale ».

Manon fait son apparition dans le petit salon et demande à ces messieurs s’ils ont besoin de quelque chose avant qu’elle aille se coucher.

« Frérot, un second cognac ? »

« Pas de refus » se laisse faire Papy.

« Alors juste deux petits cognacs Manon s’il vous plait, et vous en profiterez ensuite pour montrer la chambre « Grand Veneur » à mon frère, vous passez devant en allant dans la vôtre. En attendant, je vais aller ouvrir mon bureau et mon PC, je voudrais te montrer quelque chose dès ce soir, frérot, pour que tu aies le maximum de chances de ne pas te planter d’entrée de jeu quand tu seras seul en face du Boss !

Manon rapporte les deux verres et propose donc au frérot de la suivre au fin fond de l’appartement, dans le petit couloir menant aux chambres des invités, l’étage du loft restant le privilège des propriétaires.

« Voici votre chambre, la mienne est juste ici, en face ». Papy se demanda bien pourquoi elle lui donnait son « adresse » et répondit : « Merci, alors bonne nuit Manon, à demain ». Papy avait la tête pleine d’alcool et de bourse, il feint d’ignorer le regard de Manon, tourna sèchement les talons et rejoint son frère au petit salon : « J’ai une question avant de te suivre au bureau ! ».

Manon entra dans sa chambre, déçue mais pas encore vaincue : elle alla prendre une douche pour faire disparaître l’effet des alcools ingurgités durant la soirée, et attendit le retour de Papy en bouquinant du Freud sur son lit non défait. En plus d’être jolie et de bien faire son boulot, Manon était loin d’être conne, c’était une autodidacte passionnée de philosophie, parmi d’autres sujets de l’art et de la culture, vraiment un être à part, d’où sa solitude.

L’appartement, rénové 100% bois, craquait de partout, elle ne manquerait pas l’occasion de se faire voir au moment opportun, elle n’avait quand même pas tout perdu de ses charmes en l’espace de six mois ?

« Sur quels critères fondamentaux sélectionner les entreprises ? », demanda Papy, paré à noter la réponse dans son carnet de voyage.

« Ah, ah, et bien, viens au bureau avec moi, je vais te montrer l’essentiel ! »

(suite de 8h20, 30.12.2014)

Papy, tout guilleret, presse le pas pour rejoindre son frère qui lui ouvre la porte de son bureau : 50 mètres carrés et un bureau taille ministre jonché d’une pyramide d’écrans dont la plupart son emplis de graphiques. Le parisien se retient de frimer devant de son frère, il reste modeste et maîtrise ses pulsions naturelles d’humains (« très bien » se dit-il, je progresse, c’est tout bon pour mon trading !). Et oui, au fond de lui-même il ne se cache plus la réalité, il sait qu’il a encore une ardoise de quelques milliers d’euros à rattraper tellement ses premières années de bourse lui avaient coûté cher ! D’ailleurs, l’héritière lui avait fait tout stopper lorsque la note dépassa les 60.000 euros en 2008, et si elle l’avait laissé faire, il est vrai que je n’aurais pas pu appeler la femme du parisien « l’héritière », il lui aurait tout bouffé avant que je ne commence cette histoire !

« Assieds-toi, je t’en prie » – « Bon, tu as devant toi les graphiques de différentes actions, notamment les quatre de ce petit groupe d’écrans : il s’agit des valeurs que je travaille régulièrement, et que je gère avec un objectif de long terme » – le parisien montre en même temps les écrans consacrés à Air Liquide, Total, Casino et Delhaize, quatre des valeurs qu’il travaille tout le temps, dès qu’il croit voir des opportunités, sens achat-vente uniquement. Attention chers lecteurs, le parisien, ce n’est pas moi, j’emprunte de nombreux faits à la réalité pour construire mon historiette au fil du temps, mais aucun de mes personnages n’est la copie d’une personne réelle, je précise donc que toute ressemblance avec des personnages existants ne serait que pur hasard, les acteurs de ce texte improvisé étant 100% fictifs.

(suite de 20h23, 08.01.2015)

Attention chers lecteurs (-trices), on attaque une partie de la nouvelle qui pourrait vous servir dans vos investissements à moyen-long terme, je reprends donc le fil de l’histoire, et situe à nouveau le contexte chronologique pour ceux qui l’aurait oublié : nous sommes fin novembre 2010, à quelques mois d’une correction retentissante (j’ai commencé la bourse le 7 mars 2001, pour comparer – c’est à l’un des pires moments que j’ai attaqué le Boss, ça joue beaucoup sur les résultats d’un débutant : plus la correction ou le krach est proche de ses premiers achats, plus la note est salée et le risque d’arrêter avant d’avoir compris comment ça marche, par manque de cash et de moral).

Papy prend place à côté de son frangin, carnet et stylo en mains, il note et il écoute : en un mot, il se CONCENTRE.

« Dans le cadre du long terme, voici les quatre valeurs que je te propose d’acheter dès le premier jour de décembre (rappel, ndrl 2010 !), ce sera la première base, solide, de ton investissement moyen-long terme ».

Pourquoi ces quatre là ? Sur quels critères les a-t-il choisies ? Pour gagner combien ? Autant de questions qui affluent dans le cerveau de Papy, mais il s’abstient de l’ouvrir et laisse son frère continuer son explication.

« Je te propose ces quatre sociétés dans un premier temps, car il apparaît, d’après mes critères de sélection, qu’il s’agit d’entreprises solides qui allient la distribution d’un dividende moyen d’environ 3%, un profil défensif pour mieux résister dans  les creux et des comptes solides, sans parler de la diversification de leurs ventes mondiales. En achetant aujourd’hui et en conservant, tu auras plus de chances de gagner de l’argent à long terme car tu devrais mieux passer les périodes baissières et bien rebondir à terme dans les phases de hausse, avec un revenu de 3% qui permet de patienter comme si tu étais investis sur un support classique à moindre risque, genre assurance-vie ou FCP typé sur le rendement. Si tu as des questions avant que je te montre les graphiques ? ».

« Non, non, je finis de noter et on continue, je t’en poserai quand tu auras fini ».

Ndlr : je ne vous ferai pas le plaisir de publier des analyses en UT mensuelles long terme de ces quatre valeurs, mais si cela vous intéresse de savoir le faire, je vous l’apprends contre quelques heures de Skype et quelques centaines d’euros, écrivez-moi (redaction@nouveautrader.com) – l’avantage, c’est qu’ensuite, vous pouvez vous débrouiller sans aucune assistance sur n’importe quelle unité de temps et sur n’importe quel graphique, une courbe est une courbe, qu’il s’agisse de blé, d’or, de pétrole ou d’une action x ou y.

Suite de l’histoire avant dimanche soir.

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