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Les promesses de la belle saison loin du tumulte

Puycelci, le dimanche 13 avril 2014

8h35

A l’ère de l’internet et du virtuel, on oublie le bonheur du contact charnel avec la nature

Je dois bien passer 50% du temps devant mes écrans, entre création musicale et création d’articles pour NT, entre correspondances e-mail et trading, entre Skype et investissement, mais rarement pour recevoir des images et des publicités d’un monde que je ne veux plus connaître :

« Achetez la bagnole Tartampion, partez au soleil pour moins que rien, badigeonnez-vous de la crème anti-vieillissement Machin car vous le valez bien, assurez-vous chez Mr Escroc et placez-vos euros chez Mr Noisettes, mangez de la merde aseptysée McTruc avec toute la famille sans oublier de bouger, courir et manger cinq fruits et légumes par jour, dégustez les Plats cuisinés Indus et lavez-vous les cheveux avec le shampoing 10 en 1 de mes Deux. Abonnez-vous à la 4G et à Canal+ sinon vous aurez l’air d’une truffe, et qui n’a ni tablette ni i-Phone a vraiment l’air ridicule. Pour bricoler dans votre baraque à crédit sur 30 ans, n’oubliez pas d’aller chaque dimanche chez BricoCaca et Le Roi Merlin l’Enchanteur, des employés heureux vous accueillerons pour vous en coller un max, rien n’est assez beau pour votre propriété … ».

Né dans cette ambiance du toujours plus en 1964, je suis tombé dans le panneau de ce monde parallèle du plaisir standardisé dans les années 80 : il faut dire que Paris aide bien à devenir un loboconsommateur nombriliste. Heureusement, j’ai fait mon overdose et en 1994 : je disais alors au revoir à la grande métropole, soit-disant la plus belle ville du monde, dans les particules fines et les perpétuels bouchons. J’ai vomi les tonnes de McDégueu ingurgités durant toutes ces années, rendu les clés de ma Bagnole Tartampion (enfin celle de mon employeur), et t’chao Pantin (en fait, Aulnay-sous-Bois, ce qui n’est pas mieux, je vous l’accorde, à 200 mètres à vol d’oiseau des « 3000 », pour celles et ceux qui connaissent le coin). Il m’aura encore fallu dix autres années pour trouver mon paradis réel, loin du tumulte et des espaces bétonnés fabriqués par l’homme : le département du Tarn et ses villages où il fait bon vivre, loin des ronds-points, du tout-bitume et des feux tricolores. Lisle-sur-Tarn, Salvagnac, et enfin, en 2007 : Puycelsi.

Une image prise d’en haut du village, situé sur un piton rocheux à 299 mètres d’altitude : on a une vue à 360° en faisant le tour des remparts. Les jours de beaux temps, on reçoit un choc lorsque l’on monte là-haut pour la première fois, dans mon cas, ce fut un coup de foudre, la sensation qui n’arrive que quelquefois dans une vie. On ne lutte pas contre ce genre de battements du coeur ! Aujourd’hui, heureux d’avoir été élu conseiller municipal dans ce village de moins de 500 âmes, mon challenge personnel sera d’abord d’attirer des jeunes citadins avec enfants, des familles en quête de bonheur, car ici, à la différence de beaucoup d’endroits en France, nous ne sommes pas assez nombreux. L’école est en danger, et sans école, c’est fini, le village deviendra à terme un musée.

Ma vision est sombre mais réaliste si la population continue à décliner dans les prochaines années : dans quelques décennies, cette zone magnifique sera peut-être un Disneyland ou un parc touristique géant standardisé pour riches du monde entier en mal d’air pur et de tranquillité. Si cela vous tente, contactez-moi, venez me voir, et je vous ferai découvrir mon coin de paradis qui sera peut-être un jour le vôtre !

Le printemps s’installe, c’est la renaissance de la nature, un moment qui fait du bien à mes vieux os. C’est le moment où le cerisier se pare de milliers de fleurs blanches. Promesses de fruits rouges en juin, de douceur et de chaleur, on rajeunit provisoirement aux premiers soleils d’avril.

Bon dimanche, et n’oubliez pas le marché – on achète des actions Casino mais on n’y achète le moins possible, on dépense plus-values et dividendes en consommant des produits de qualité, cela aussi, ça fait partie du bonheur avec la cerise sur le gâteau : faire un geste pour maintenir l’économie locale et ainsi participer à une meilleure répartition des revenus, mais aussi à la survie du bon goût !

Prochain RDV demain matin pour de nouvelles aventures boursières.

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