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Les AK (comprendre les augmentations de capital) ont fait l’actualité au premier semestre 2009, avec des appels aux actionnaires comme jamais nous en avions connu (en tout cas pas aussi loin que je me souvienne). Ainsi Lafarge, St Gobain, Pernod Ricard, Imérys, Danone, ou encore Natixis ou Faurecia ont par exemple fait appel au marché.
Et ce qu’il se passe dans ces cas là, en raison de la dilution consécutive à ces opérations et d’actionnaires qui n’ont pas toujours envie ou la possibilité de mettre la main à la poche, c’est que le cours de bourse du titre concerné s’en retrouve affecté au moins à court terme. Un comportement « normal » et conséquence directe donc de l’opération, d’autant qu’une augmentation de capital est souvent le signe de difficultés au moins passagères de la société, ne serait-ce que pour trouver d’autres sources de financement.
Bref, l’annonce d’une augmentation de capital fait normalement baissier les cours au moins un temps (et je ne parle pas ici de l’effet mécanique lié au détachement du droit associé).
Or depuis quelques jours, nous avons eu deux augmentations de capital, dont les conséquences n’ont pas été celles auxquelles on aurait pu s’attendre. Ainsi, lorsque Carbone Lorraine a annoncé une augmentation de capital de 16 septembre dernier, la valeur n’a accusé le coup que quelques heures : elle affichera certes un repli qui atteindra un peu plus de 5% en tout début de séance, mais elle finira par se redresser rapidement, pour revenir en territoire positif à la clôture, avant de gagner plus de 4% le lendemain.
Quant à l’exemple de la BNP, il est encore plus fort, puisque l’annonce ce matin d’une augmentation de capital du groupe n’aura pas provoqué le moindre repli du titre ! Au contraire même, puisque le titre a ouvert un gap haussier de plus de 2% dans un marché en léger repli, les investisseurs semblant prendre cette nouvelle comme une bonne nouvelle! Comment expliquer cela ? Eh bien à l’image de l’alerte baissière d’hier qui s’est transformée en impressionnant rebond (vous comprendrez d’ailleurs au passage pourquoi j’indiquais qu’il est toujours préférable d’attendre confirmation en clôture avant de tirer trop de plans sur la comète…), les investisseurs sont à l’affût de la moindre occasion d’acheter des titres et renforcer leur exposition aux marchés. La chute de 2007 à 2009 a fait mal, et de nombreux investisseurs, contraints ou non, ont drastiquement réduit leurs investissements et n’ont apparemment pas cru au rebond de mars alors que le flux de nouvelle était encore peu favorable. Ces investisseurs, qui ont subit ou fait subir la baisse à leurs clients, se retrouvent désormais spectateurs de ce rebond, et contraints donc de remonter dans le train au plus vite au risque de louper une poursuite de la hausse si elle devait arriver. A cela s’ajoute les spéculateurs baissiers qui ont voulu trop anticiper la rechute, et se retrouvent contraints eux aussi de se racheter… Contraintes et peur : les ressorts de variation des marchés sont toujours les mêmes, et resteront sans doute encore longtemps les mêmes. C’est pour cela que l’analyse technique a encore de beaux jours devant elle. Je terminerai par un petit rappel au sujet des augmentations de capital : la formation que j’avais dispensé au printemps dernier est disponible ici . Vous trouverez sinon ici sur Fenêtre sur Cours un petit outil très pratique pour effectuer simplement et sans erreur les calculs liés aux augmentations de capital, et en tirer parti via l’arbitrage notamment.
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